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ROCK & FOLK MAGAZINE - Page 1 of 2
MARC BOLAN INTERVIEW IN SEPTEMBER 1972 ISSUE
PRESENTED IN ORIGINAL FRENCH TRANSLATION
BY PHILIPPE PARINGAUX

[Note: This rare interview has been reproduced on our site to salute the brand new French Web sites devoted to Marc Bolan and T. Rex. The magazine was originally purchased in Nice, France in August 1972, and the French text has been reproduced exactly as it appeared in the magazine. A translation button for AltaVista Babelfish is provided below. Enjoy!




Il ya une petite porte discrète et briliante, avec sa plaque de cuivre bien astiquée qui ne révèle rien de très précis sinon un peu de soleil. Et un escalier étroit dans la maison poupée impeccable, qui mène à un petit bureau derrière lequel se tient une longue jeune femme au visage livide et aux ongles verts, un peu inquiétante mais prompte à servir le thé - sans beaucoup sourire, néanmoins. Plus de lumière dans la pièce où se tient Marc Bolan et d'où s'échappent en se courbant trois petites japonaises venues spécialement de «là-bas» pour enregistrer sur leurs petits appareils les fausses confidences et les images en quatre couleurs de gentil maître de maison.

«Nous irons bientôt en tournée au Japon. C'est drôle, pendant des mois j'ai regardé les charts de là-bas et je ne voyais jamais notre nom; seulement des artistes locaux, encore et encore. J'avais donc tiré un trait sur ce pays quand j'ai finalement appris qui'ils avaient deux classements séparés et que nous y avions vendu … neuf millions de disques! (Sourire gourmand.) Et ils paient très bien.»

R & F : Quel effet cela fait-il de voir tous ces journalistes s'empiler dans l'antichambre depuis un an lors qu'auparavant ils ne venaient pas ?

M.B. : Ce n'est pas tout à fait exact. Les gens ont tendance à croire que nous avons été parfaitement inconnus jusqu'à «Get It On», ce qui est faux, pour l'Angleterre du moins. Il ya longtemps que nous avons un public fidèle et assez important, depuis les débuts de Tyrannosaurus Rex à vrai dire.

R & F : Rien à voir, malgré tout, avec celui d'aujourdhui.

M.B. : Non, bien sûr, mais ce que je veux dire c'est que T. Rex n'est pas sorti de nulle part, que nous existions avant.

R & F : Vous jouiez dans les clubs anglais?

M.B. : Non, nous n'avons jamais, même au tout début, joué dans les clubs; toujours des salles de spectacle, grandes le plus souvent. Et notre tour premier concert, nous l'avons donné à l'Albert Hall, en première partie de Donovan, devant six mille personnes.

R & F : Mais aujourd'hui vous êtes les vedettes…

M.B. : Oui. Et il nous faut de grandes salles pour mettre tous ces gens; on s'aperçoit d'ailleurs qu'il n'y en a pas énorément, particulièrement en Angleterre et sur le Continent, et que tourner pose de plus en plus de problémes.

R & F : De quel genre ?

M.B. : Oh, vous savez, notre public est très jeune et … enthousiaste. Il aime s'extérioriser et il est difficile de toujours éviter les incidents. Sans doute nous arrêterons-nous bientôt de nous produire en public, en Angleterre en tout cas.

R & F : Vous pouvez vivre normalement ? Vous promener ?

M.B. : Non, absolument pas. Les choses en sont arrivées ici à un point tel que je ne peux plus me montrer. Si je vais quelque part, dans un magasin, il y a toujours une personne qui me reconnait, puis deux, puis trois et il y a bientôt tout un attroupement autour de moi. L'autre jour j'ai voulu, pour la première fois depuis longtemps, aller faire du shopping et il a faillu appeler la police pour me dégager.

R & F : C'est ennuyeux…

M.B. : Je ne dirais pas que c'est enneyeux, mais cela pose certainement un problème dans la mesure où j'aime bien parler aux gens, dans la rue aussi bien, et que cela devient totalement impossible.

R & F : On assiste aujourd'hui à une véritable polarisation des jeunes Anglais sur votre image. Ils veulent vous ressembler, agir comme vous, etc. Quelle est votre attitude en face de ce phénomène, de votre … pouvoir ?

M.B. : Je ne suis pas du tout persuadé que ce pouvoir existe; je n'ai jamais vraiment cru à la puissance des rock stars sur leur auditoire, je veux dire en dehors du moment même la musique. Mon public est sans doute heureux d'entendre ma musique, mais je suis sûr qu'il y a des limites à ses facultés d'identification et de «suite» : si je me coupais les cheveux demain, il ya a peu de chances pour que ces gens en fassent tous autant, du moins j'espere. Voilà pourquoi je ne crois pas avoir de réel pouvoir sur eux, pourquoi je ne considère pas qu'il y ait danger.

R & F : Regrettez vous parfois le temps de Tyrannosaurus Rex, quand tout était plus calme ?

M.B. : Non, dans la mesure où but d'un artiste du rock est de se fair entendre du plus grand nombre possible.

R & F : Comment s'est effectuée la transition de la musique acoustique à l'électricité ?

M.B. : J'ai toujours aimé le rock, donc la musique électrique, et les chanteurs que j'écoute le plus sont les chanteurs des débuts du rock. Ce changement n'a donc pas été une décision brutale mais le résultat d'une évolution progressive, la mise en forme d'une vieille idée.



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